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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 11:18

 

Les ados et la lecture

 

 
Extraits de l'interview d' Hubert Ben Kemoun Laura Del Nostro
 
6 décembre 2017 sur le site de Ricochet.
 
 

Hubert ben Kemoun s'adresse à différents publics, notamment aux adolescents. Parmi son importante production, nous pouvons citer La fille seule dans le vestiaire des garçons, La fille quelques heures avant l'impact, et ses deux derniers romans policiers, Piégés dans le train de l'enfer et Piégés entre les murs de la nuit.

 

 

Laura Del Nostro: Comment qualifieriez-vous les adolescents d’aujourd’hui et la relation qu’ils entretiennent avec la lecture, notamment par rapport au monde numérique dans lequel ils évoluent ?   


Hubert Ben Kemoun : Ils sont aussi beaux et lamentables, solaires et insupportables que je l’étais à leur âge ! Maintenant, même si le monde a changé, et vite, je crois que les jeunes lisent, mais différemment.


 

Je crois encore à la page qu’on tourne, mais rien ne me dit que nos petits-enfants n’éprouveront pas, un jour, une certaine sensualité à tourner ou afficher une page sur un écran. Je n’en sais rien et je m’en moque un peu. Quoi qu’il en soit, ils ne lisent pas moins que nous à leur âge, et pas seulement parce que l’offre est tellement plus riche. Seulement, ils accostent à la lecture avec des embarcations, par des quais et des courants différents.


Tous pareils et tous différents.

 

(...) Vous racontez la même histoire à des enfants du même âge dans des pays distincts, et ils rigolent tous au même moment, ils ont la trouille au même moment. C’est très rassurant.


Les adolescents d'aujourd'hui savent dix fois plus de choses que nous n’en savions à leur âge. Mais leurs émotions et leurs sensibilités s’accrochent aux mêmes aspérités que pour nous. Ce n’est donc qu’une question d’histoires à leur raconter, de scénarios dans lesquels les faire entrer, pas une question du fond des choses.

 

 

Les jeunes semblent tout de même délaisser la lecture à mesure qu’ils entrent dans l’adolescence. Comment expliquez-vous une telle rupture et quels conseils donneriez-vous pour tenter de susciter l’envie de lire ?


Daniel Pennac explique cela mieux que moi.

 

En gros, quand ils sont petits, nous leur lisons des histoires sur l’oreiller, le soir avant le coucher. C’était un moment intime et un véritable cadeau d’amour.

 

Voilà qu’au moment où ils commencent à savoir lire un peu tout seuls, on arrête cette lecture offerte. On descend au salon regarder la télévision, on les laisse avec le bouquin. Et le lendemain matin au petit déjeuner, on leur demande: «Tu as lu quoi ? Combien de pages ? Ça racontait quoi ? ». Brusquement ce qui était un cadeau d’amour devient un enjeu pédagogique. Il ne faut pas s’étonner que l’enfant ait l’impression de se faire avoir. Et il a raison.

 

J’ajouterai cette question simple: et ce môme qui désespère ses parents, voit-il ses parents lire ?
C’est donc souvent topographiquement à ce moment-là que l’on perd des lecteurs.(...)


(...) Des histoires! Comme un cadeau! Quelque chose qu’il aime, mais surtout quelque chose qui laisse la place à son appropriation personnelle et à la construction de son imaginaire...

 

 

Est-ce pour cela que vous parlez souvent de la désacralisation nécessaire des auteurs ?


 

Les auteurs sont les maîtres du monde, mais ne sont pas des héros. Surtout pas des vedettes. Nos lecteurs ont – comme moi, peut-être comme vous – le droit d’oublier le nom de l’auteur qu’ils lisent, le titre du bouquin qui est sur la table de nuit. Par contre, ils se souviennent – c’est mon cas – de tel passage qui les a scotchés dans tel livre.


Les livres sont plus importants que les auteurs et les lecteurs plus importants que les livres. Des livres m’ont construit, mais pas tous les livres. Un livre n’est en rien sacré précisément parce qu’il ne touche personne de la même façon. (...)

 

 

 

Mais que répondriez-vous concrètement à un adolescent qui se demande: « Mais dans le fond, pourquoi faut-il lire » ?


Concrètement ? Mais parce que les livres qui t’attendent parlent de toi !


Parce que sans billet de train ou d’avion tu vas parcourir le monde, et même aborder des contrées incroyables – géographiques ou de l’esprit, de l’Histoire et de l’avenir –  qu’aucune agence de voyage ne te proposera jamais.

 

Parce que tu vas embrasser des garçons ou des filles, faire l’amour, faillir mourir, renaître, courir vite, sauter haut, plonger profond et t’élever !

 

Parce que toi qui fais des fautes tous les trois mots, tu vas photographier des mots, des phrases, intégrer des répliques et que tout cela aussi t’aidera pour vivre dans la vraie vie quand, précisément, il sera temps d’embrasser, de faire l’amour, de faillir mourir dans la vraie vie !

 

Parce que tu vas croiser des personnages qui vont sombrer dans des précipices et que cela pourrait t’aider lorsque tu trébucheras, à ne le faire que dans de petites ornières (...)

 

 

 

Pour lire l'intégralité de l'article :

 

https://www.ricochet-jeunes.org/articles/hubert-ben-kemoun-les-livres-sont-plus-importants-que-les-auteurs-et-les-lecteurs-plus/

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