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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 16:12

À La Roche-sur-Yon, la Maison Gueffier a accueilli en résidence Sophie Chérer, auteure de livres jeunesse, du 8 au 12 décembre. À l'occasion d'une rencontre organisée en partenariat avec Lire et faire lire Vendée, l'écrivain a répondu aux différentes questions des bénévoles-lecteurs. L'interview ci-dessous a été reconstituée à partir de cet échange.

 

Quelle est votre définition de la littérature jeunesse ? 

Sophie Chérer. Pour commencer, dans cette expression, il ne faut pas oublier le mot « littérature », qui implique l'écriture, la réécriture, la plongée en soi-même. Pour moi, il ne faut pas trop simplifier les phrases, sous prétexte qu'elles s'adressent plutôt à des jeunes. Par exemple, dans Voyage au bout de la nuit, Céline a écrit : « toutes les viandes saignaient ensemble ». En décryptant cette phrase avec des collégiens, ils ont trouvé plein de figures de style, c'était très riche. Ça n'aurait pas été le cas si l'auteur avait écrit : « il y avait beaucoup de soldats morts ». Il faut que le texte puisse faire écho aux lecteurs. 

 

Quel public visez-vous ?

S.C. J'écris pour des lecteurs de 7 à 107 ans. J'aime bien la variété : la vie est complète, je ne vois pas pourquoi je me limiterais à une tranche d'âge ! Parfois, quand j'écris, j'ai 8 ans à la place de l'héroïne. J'ai besoin d'aller défier l'espace-temps, ça permet d'aller à la rencontre des jeunes, de les écouter parler et de les faire réfléchir.  

 

Comment La Vraie couleur de la vanille (livre autour de l'esclavage) est-il reçu par les adolescents ?

S.C. C'est simple : sans accompagnement, ils ne le reçoivent pas ! La couverture est en noir et blanc, le titre n'est pas très explicite... Après avoir été incités à le lire, par leurs profs de français en général, les jeunes prennent fait et cause pour le héros. En Guadeloupe par exemple, les élèves ont repeint une salle de classe en noir et ont inscrit des citations du livre en blanc.

 

Comment se passe votre collaboration avec l'illustratrice Véronique Deiss ?

S.C. La première fois, j'avais envie de la remercier pour son travail. Nous avons donc animé ensemble une rencontre devant une classe et cela a créé des liens entre nous. Nous sommes complémentaires : une fois le texte écrit, je lui envoie pour qu'elle l'illustre. Nous avons le projet aussi de faire l'inverse, de commencer par les dessins et faire les textes ensuite. 

 

Sur quel support écrivez-vous ?

S.C. Avec mon petit carnet et mon crayon : je copie ensuite mon texte à l’ordinateur, mais j'écris toujours à la main, évidemment ! C'est comme si on me demandait « marchez-vous à pied ou en voiture ? ». Il y a des phrases qu'on écrit seulement à la main, en les ciselant, en les réécrivant... La mémoire se développe d'ailleurs avec le tracé des lettres. 

 

Quels sont les livres qui vous ont vraiment marquée ?

S.C. Quand j'étais enfant, j'ai été fascinée par la collection d'encyclopédies Tout l'univers, qui pouvait aussi bien parler des caries que des hommes des cavernes. J'ai trouvé que la connaissance, ce puits sans fond, était plus romanesque que tous les romans que j'ai pu lire à l'époque. Ensuite, j'ai découvert le style grâce à ma prof de français au collège, qui nous faisait étudier des poèmes de René Char, des chansons de George Brassens, etc. Plus tard, ma rencontre littéraire avec Jean Giono a été une véritable découverte : il m'a servi de tuteur. 

 

Et quels livres se trouvent actuellement sur votre table de chevet ?

S.C. J'aime beaucoup Claudie Hunzinger : en ce moment, je lis La Langue des oiseaux et La Survivance. Sur ma table de chevet, on peut aussi trouver la biographie de Henry-David Thoreau, un essayiste américain à l'origine du concept de désobéissance civile. Il a refusé de payer une taxe pour financer la guerre au Mexique et est parti vivre en autarcie pendant deux ans.

 

Une vingtaine de bénévoles a pu discuter avec Sophie Chérer.

Une vingtaine de bénévoles a pu discuter avec Sophie Chérer.

BIO EXPRESS – Sophie Chérer est née en 1961 en Lorraine. Après avoir obtenu un DEA de Droit Pénal et Criminologie, elle devient journaliste culture (cinéma, théâtre, littérature) de 1985 à 1992, date de publication de son premier roman jeunesse, Une brique sur la tête de Suzanne. Le dimanche des Réparations, son premier roman pour adultes, est paru en 1994. Aujourd'hui, après une quinzaine de romans écrits, elle s'occupe également de portraits d’artisans.

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