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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 13:58

C'est grâce au soutien de l'association Lire et Faire Lire que la coordination départementale en collaboration avec la médiathèque du Bourg-sous-la-Roche a accueilli deux auteures jeunesse de renommée nationale le 13 novembre 2014. Une rencontre dont ont profité 25 bénévoles de Lire et faire lire. Maïa Brami est venue présenter le travail de son amie Malika Doray, avant que celle-ci ne vienne échanger sur son travail avec les bénévoles-lecteurs. L'interview ci-dessous a été reconstituée à partir de cet échange.

Interview de Malika Doray, auteure-illustratrice jeunesse

Pourquoi travailler auprès des tout-petits ?

Malika Doray. J'ai passé un an à ne faire que ça. A présent, je passe la moitié de mon temps à écrire, l'autre à rencontrer des classes. J'adore travailler avec les tout-petits. On est obligé de simplifier pour qu'ils puissent comprendre un peu l'histoire (même si ce n'est pas grave s'ils ne comprennent pas tout), on est obligé d'aller à l'essentiel.

Combien de temps cela vous prend-il d'écrire et d'illustrer un livre ?

M.D. Alors cela dépend vraiment des livres : « Ababa » m'a pris seulement un ou deux mois alors que d'autres nécessitent huit ans ! Au début, convaincre les éditeurs était plus difficile que maintenant. Les livres pouvaient faire des allers-retours entre l'éditeur et moi pendant trois ans. Sans compter tous les projets qui ne se concrétisent jamais... 

 

Après des études d'arts appliqués pas faciles pour moi, je m'étais dit que je ne ferais plus jamais de dessin. J'ai l'impression que je fais des pâtes et que je me spécialise dans les sauces, mais que je ne serai jamais une grande chef. Je n'ai d'ailleurs jamais illustré un livre sans en faire les textes.

 

Comment choisissez-vous les formats que vous utilisez ?

M.D. Déjà, je ne pars pas avec une idée de format très précise en tête. Le papier cartonné, par exemple, fait d'un livre un objet rassurant. Il faut un équilibre des choses (dessin, papier utilisé, format) pour que ce soit juste. Mais parfois, le format se heurte à des questions commerciales. L'ouvrage « Un bisou pour... » était tout petit à la base, mais l'éditeur a accepté de le commercialiser seulement en plus grand. Il faut aussi savoir faire des compromis : les livres accordéons ont été vendus en coffrets.

 

Acceptez-vous que votre texte soit retouché ?

M.D. J'aime bien garder mon texte de base. Si je remplace trois mots, j'ai l'impression que je ne retrouve plus mon idée de départ. Malgré tout, il faut parfois accepter pour des raisons commerciales de retailler les livres ou de les diminuer, ce qui n'est pas si mal puisque ça m'oblige à ressortir l'essentiel du livre. Quant à la simplification du texte, je reste convaincue que, de temps en temps, un mot aussi intriguant que « s'instruire » permet de grandir.

 

Pourquoi abordez-vous toujours dans vos livres des thèmes très forts ?

M.D. Tous mes ouvrages touchent à la séparation. Mais en soi, passer d'une page à une autre, c'est déjà une séparation. J'évoque des choses universelles, des problèmes qui me parlent. Lorsque je suis inspirée, j'écris et parfois, je m'aperçois que ce texte peut avoir un écho plus large. La question « est-ce plutôt pour les petits ou les grands ? », je ne me la pose même pas. Écrire permet de dire des choses très fortes et intimes, sans se rendre compte qu'on parle de soi.

 

Avez-vous déjà envisagé la création web ?

M.D. Non, je trouve que ce qui se fait actuellement n'est pas intéressant, on reste trop dans la transcription littérale. Ce n'est pas passionnant au niveau de la création. Mais je pense qu'il va y avoir des choses étonnantes pendant les prochaines années.

 

Un jour, écrirez-vous des livres pour les grands ?

M.D. J'ai commencé ma carrière en écrivant un livre, et on m'a dit que ça s'adressait aux tout-petits. Mais je n'ai jamais visé ce public en particulier ! Quand je fais un livre, je ne m'adresse pas spécialement aux tout-petits, même s'il y a un travail de simplification au niveau de l'écriture. Donc peut-être qu'un jour, j'écrirai un livre pour les plus grands...

 

Interview réalisé par Marie

Interview de Malika Doray, auteure-illustratrice jeunesse

BIO EXPRESS - Né en 1974 à Paris, Malika Doray a suivi des études d’ethnologie et une formation à l’École nationale des arts appliqués. Elle a ensuite travaillé au sein d’une structure d’éveil pour les jeunes enfants. L'auteure-illustratice a écrit « Et après », son premier album pour les tout-petits, en 2002.

Pour en savoir plus :

Site de Malika Doray

Site de Maïa Brami

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